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Lorsque ces séances avec des invités, qui étaient toujours sans exceptions des épreuves dramatiques et infiniment douloureuses ou honteuses pour nous deux, se terminaient, nous étions envoyés dans notre pièce et attachés pour dormir, ou du moins pour essayer de dormir, sans jamais pouvoir se laver ou se détendre. Et là seulement nous pouvions pleurer en silence, pendant des heures entières. Mais la vie ou du moins ce qu’il nous en restait, continuait. Progressivement je sentais que s’évanouissait de mon esprit le désir même de penser, de réfléchir à mon destin, à notre destin devrais-je dire, car par contre je ressentais de plus en plus dans ma chair et dans mon cœur cette fusion, cette intégration avec les corps mutilé de cette jeune femme, dont je ressentais désormais les moindres frissons de terreur, les moindres douleurs, les plus petites frustrations du plaisir ou de l’absence de parole, cette douleur sourde et permanente de ne plus donner de plaisir, bien plus violente et désespérante que celle de ne plus en recevoir. Disparaissait aussi de ma conscience la sensation du temps qui passe, et il me venait parfois une intense souffrance que je savais filtrer immédiatement en elle, de précisément sentir partir ma conscience d’être humain, je sentais cette fuite inexorable vers l’animalité absolue de notre destin librement choisi, mais qui nous entraînait dans un gouffre vertigineux. Une fois cette douleur devint insupportable pour Elle, une fois elle ne sut plus contenir la vague de désespoir, comme un dernier soubresaut avant l’extinction finale. Nous étions au travail comme tous les jours. Plusieurs jours s’étaient passés depuis que le moindre événement marquant se soit déroulé et la routine nous submergeait en nous anesthésiant progressivement. Nous étions affairés à nettoyer avec grande difficulté un placard assez exigu, et nous devions faire de grands efforts pour positionner notre barre de façon à ce que l’un de nous puisse atteindre les recoins sans nous provoquer trop de douleur, ce qui de toutes façons n’était jamais totalement possible. Soudain Elle s’est arrêtée de frotter, s’est retournée vers moi. Elle pleurait violemment, a tendu ses mains vers moi, vers mon visage d’abord, qu’elle a longuement caressé, puis ses doigts se sont infiltrés dans ma bouche, ont exploré ce vide béant, sans dents ni langue, puis sont descendus vers mon ventre, mon pubis trop lisse. Son doigt a longuement exploré avec une infinie douceur l’orifice urétral ouvert en son milieu. Je commençais à ressentir la sourde douceur des hormones qui se mettaient en marche en moi, la tension oubliée d’un rêve d’érection impossible qui mettait en marche des mouvements sanguins et intérieurs, et son autre main descendit entre mes jambes, massant avec fermeté les chairs autour de l’anneau. Je gémissais maintenant en la regardant droit dans les yeux car la chaleur qu’elle provoquait en moi était comme le retour d’un lointain souvenir. Je sentais venir cette brûlure que je pensais être disparue à jamais, et comme sa main descendait encore plus bas entre mes jambes il arriva que la barre l’empêchait d’atteindre mon anus qui était évidemment son but. Je perçus dans regard trempé de larmes une supplique terrible, que je compris immédiatement, elle souhaitait que l’on s’allonge pour se semblant d’acte d’amour. Je compris aussi immédiatement pourquoi elle éclatait ainsi en sanglots, et je revins alors à la conscience que ses premières caresses merveilleuses m’avaient fait perdre. Je compris avec elle que notre punition serait terrible sans le moindre doute. Mais je lui souris et mes yeux noyés de larmes s’éclairèrent pour elle, et je lui dis par mes yeux que peu importait les souffrances qui nous seraient infligées, je voulais infiniment sa caresse. Nous nous sommes allongés tête bêche. Ma bouche s’immédiatement collée à son pubis, mes lèvres courant sur sa chair métallisée, mes doigts caressant, fouillant ses formes en parties couvertes par cette armature. Mais ses mains s’étaient tout de suite emparées de mon anus, et le pénétraient maintenant. Un doigt, deux doigts, trois doigts me fouillaient. Et sa main forçait toujours. Je comprenais ce qu’elle cherchait à faire elle avait compris que seule un massage intérieur avait une dernière petite chance de me faire connaître le plaisir, et pourquoi pas l’orgasme. Nous savions en tous cas que c’était le dernier espoir volé à nos Maîtres. Elle semblait enragée et plongeait maintenant toute sa main contre mon anus. Les multiples anneaux déchiraient mes tendres muqueuses, mais je ne sentais plus de douleur, seule la chaleur de sa main qui m’envahissait me faisait vivre, et dans une gigantesque poussée qui m’écartela l’anus, je sentis la partie large de sa main qui venait de passer le sphincter. Mon anus se referma sur son poignet et je sentais maintenant sa main qui me caressait doucement, qui massait mon intérieur, comme un vagin où elle serait entrée en entier. Elle massait la région de ma prostate et je sentais monter en moi la chaleur gigantesque si longtemps oubliée, celle qui précède l’orgasme et sa montée du sperme. Sauf que là seule la chaleur arrivait, la tension terrible, le frisson qui me faisait ouvrir les jambes qui me faisait gémir et pleurer, et son geste fabuleux qui me fouillait qui plongeait en moi, m’ouvrait, m’écartelait, qui accélérait, qui devenait violent, et soudain je sentis une explosion énorme en moi un cri rauque sortit de ma bouche, mes jambes se tendirent, la barre tirait horriblement sur nos anneaux pubiens mais peu importait la douleur qui en fait décuplait mon orgasme. Je tremblais de partout et sa main ne s’arrêtait plus elle semblait vouloir me faire mourir de ce dernier orgasme, elle-même sachant qu’elle ne pourrait plus jamais en connaître. Et puis quand même plus tard je m’évanouis en plongeant dans un trou noir sans fond. Quand je revins à la vie, Elle avait sa bouche plaquée contre mon orifice pubien qui avait dégorgé un peu de sperme et qu’elle aspirait violemment avec désespoir. Mais l’horreur fut de constater que le Maître et la Maîtresse étaient debout à côté de nous, avec chacun un fouet à la main. Et immédiatement les coups s’abattirent sur nous, terribles, violents, donnés manifestement dans l’intention de détruire. Ils atteignaient toutes les parties de nos deux corps, et ils durèrent un temps infinis. Lorsque plus tard, les gestes meurtriers s’arrêtèrent, nous saignions de partout. Les Maîtres sortirent alors une boîte, dont ils prélevèrent une poudre blanche qu’ils saupoudrèrent sur notre corps en feu. C’était du sel, la douleur fut gigantesque, immédiate, destructrice, étouffante, révoltante. Malgré tout je réussis à croiser une dernière fois le regard d’Elle où je perçus le plus grand amour qu’il soit possible d’imaginer, et le plus grand bonheur. Je pleurais alors mais de bonheur malgré l’intense brûlure qui ne faisait que démarrer. Encore quelques coups de fouet furent nécessaire pour nous secouer et nous contraindre à nous remettre debout malgré la souffrance qui nous submergeait. « Aux pieux vite ! » Nous savions que ceci signifiait une séance d’empalement toujours terrible. Mais en plus cette fois-ci fut encore plus douloureuse car une fois empalés sans le moindre ménagement sur les énormes pieux auxquels nous étions habitués, un collier très large et très serré fut appliqué sur notre cou, avec une barre métallique de vingt centimètres qui joignait les deux colliers en nous forçant à une position très inconfortable. Nos mains furent attachées l’une sur l’autre mais séparées par une plaque métallique couverte de petites pointes qui pénétrèrent instantanément nos chairs. Puis la lumière fut éteinte et nos Maîtres nous abandonnèrent dans le noir absolu. Absolument aucun geste n’était possible, et les douleurs mélangées se multipliaient l’une l’autre entre les intestins violemment distendus par le pieu énorme, les brûlures toutes à vif que rongeait le sel, les mains percées de mille pointes, la position à demi étouffante causée par le collier trop serré. Impossible de mesurer le temps où nous restâmes ainsi baignant dans notre douleur qui ne diminuait à aucun instant. Plusieurs fois les Maîtres entrèrent dans notre pièce. A chaque fois ils nous arrosèrent d’une eau glacée et sans doute salée qui renouvelait le supplice. Je m’évanouis plusieurs fois lors de ces douches. La faim nous tenaillait car même s’il nous était impossible de se rendre compte des durées et du temps qui passe, cette séance de supplice dura sans doute plusieurs jours, sans qu’il nous soit donné ni à manger, ni à boire. Seules les douches nous fournissaient un peu d’eau même salée la plupart du temps. Nous tremblions de froid, de terreur, de douleur, de désespoir car ce que nous avions commis était une faute impardonnable pour les animaux que nous étions, et je compris vraiment, au fond de mon âme que c’en était fini de moi que j’allais abdiquer les dernières traces de mon humanité, et que cela serait irréversible. Enfin alors que je m’apprêtais à admettre qu’il serait normal de nous laisser mourir ici que nous ne méritions rien d’autre, étant donnée notre incapacité flagrante à devenir de vrais animaux esclaves, on nous délivra. Nos mains furent détachées encore sanglantes de leur plaque perforante, mais le collier fut laissé en place, simplement le Maître attacha une longe à cette barre et nous força ainsi à nous extraire violemment de nos empalements ce qui fut très éprouvant pour nos pubis écartelés. Nous étions d’une grande faiblesse après ces jours sans rien avaler de solide. Le Maître nous tira sans aucun ménagement vers un salon où était assis plusieurs invités. Je savais que votre apparence était devenue horrible, mais tout m’était indifférent, et plus aucune honte ni plus aucun amour-propre n’existait encore en moi. Je percevais la chaleur de Elle ses vibrations par la barre pubienne, mais plus jamais nos regards ne se croisaient. J’avais essayé encore une fois par de petits gestes du bassin de susciter une réponse mais je sentais qu’elle aussi avait basculé dans son animalité terminale et il n’y avait plus aucune réaction. Je éprouvai un soulagement et un plaisir intense, de savoir que peut-être elle ne souffrait plus que son âme ne la torturait peut-être plus. On nous fit nous empaler à nouveau sur nos pieux que le Maître avait apportés devant les invités. « Mers amis vous allez assister à la dernière phase du dressage, et comme je vous ai expliqué le dernier geste de désobéissance de mes bêtes a servi de prétexte à accélérer cette dernière phase. Je peux désormais vous affirmer que ce sont maintenant deux animaux, et que nous n’auront plus jamais de problème de leur part. Je crois que la méthode de dressage a fait ses preuves et nous pourront ensuite les mettre aux enchères ainsi j’accueillerai deux autres bêtes à fabriquer. » La Maîtresse s’approcha de moi et me tendit des outils. L’un était une grosse pince coupante, l’autre une sorte de fer à souder. Puis elle installa un petit brasero rempli de braise. Une note simple accrochée à la pince portait les mots : « Couper trois orteils de chaque pied, et cautériser au feu » Immédiatement et sans ressentir le moindre pincement au cœur, je me penchait avec grande difficulté, me saisit d’un pied d’Elle, et sans un regard pour Elle lui coupai trois des plus petits orteils au ras du pied. Puis, alors que le sang coulait sur moi, je plongeai le fer dans le brasero pendant quelques minutes, et dès que je sentis qu’il rougissait, l’appliquai sur les moignons sanglants. Je ne sentis qu’une violente vibration de Sa jambe quand j’appliquai le fer et que la chair grillait produisait une odeur horrible. Puis sans attendre d’avantage je laissai retomber son pied directement, sans même me rendre compte de la douleur que ce geste provoquerait, puis je me penchai violemment à gauche, entraînant Elle dans ce geste, me saisis de son autre pied, et procédai de même en arrachant pour ainsi dire trois autres orteils et les brûlant. Je crus entendre un affreux petit gémissement, quand je reposai les outils par terre et que je la vis s’en saisir. Je savais évidemment que je subirai le même sort mais cela m’était en fait indifférent, et le craquement de l’os et son horrible douleur ne m’attrista pas, j’étais plutôt soulagé quelque part d’avoir perdu tout espoir, toute illusion, toute affectivité, tout désir, tout désir de joie et de bonheur. Je sus alors que je pouvais m’éteindre et même la deuxième opération me laissa de glace. Ceci représente le dernier souvenir conscient avant mon basculement total dans l’état animal qui fut le mien le reste de ma vie. FIN |