Dans un bocal
By: sclaueme

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Comment un petit paquet d'organes masculins fut tranché entre mes jambes et gît maintenant dans un bocal de formol.


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Je suis désœuvré ce soir. Affalé sur mon canapé, le dos courbé et les genoux écartés, silencieux dans la pénombre de mon appartement. Mon pantalon, au niveau de la braguette, forme une bosse molle. J'y mets paresseusement la main et l'enfonce, profondément, jusqu'à aplatir le tissu entre les deux cuisses. Il n'y a plus rien là-dessous. Cela fait un an depuis mon émasculation.

Ce qui avait été là, ce qui avait été une verge et des testicules, était maintenant à quelques kilomètres d'ici, dans la même ville, dans l'appartement de Franck, sur la troisième étagère d'une vieille armoire normande, posé au fond d'un bocal. Le paquet gisait sans doute mollement, écrasé sur le fond du récipient, maintenu dans son état immuable par le formol qui remplissait le bocal. Ou peut-être Franck l'avait sorti, le regardait, peut-être le montrait-il comme un trophée à l'un de ses amis. Le paquet d'organes se soulevait alors péniblement, flottait quelques instants dans le liquide, avant de retomber en quelques rebonds lents sur le fond du bocal.

Moi, pendant ce temps, je caressais le plat entre mes cuisses, et je repensais à tout ce qui m'avait amené là.

* * *

J'avais connu Franck il y a plus d'un an, presque deux. Je l'avais vu depuis la fenêtre de mon appartement, appuyé sur une rambarde, quelques étages plus bas. Il avait la tête rasée, portait un marcel blanc qui moulait un torse musclé et des épaules larges, et un pantalon de jogging d'un bleu très clair. J'étais descendu tout de suite, nous avions discuté et en étions rapidement venus à des choses explicites. Il m'avait demandé si je saurais me soumettre à un vrai mâle, et je lui avais répondu que, si c'était le cas, je saurais le reconnaître et reconnaître son droit. " Tu le verras bien " lui avais-je promis en susurrant dans son oreille, penché dans le creux de son épaule " si tu parviens à me mettre à genou devant toi, et à mettre ton organe entre mes dents, je te serai totalement et inconditionnellement obéissant ".

Nous étions allé chez lui. Pour faire durer le jeu, nous avions pris quelques verres d'alcool fort et, enhardi par l'ivresse, avions continué à théoriser sur la soumission absolue que devait le mâle faible au mâle dominant, et sur le fait que ce dernier se reconnaissait aisément par son organe.

Et puis nous nous étions déshabillés. Il avait baissé lentement son pantalon. J'étais tout excité par le frottement du tissu sur ses cuisses fortes et duvetées. Il portait un boxer blanc, fait d'une sorte de latex, qui moulait sa bite puissante et dure. Quand il l'abaissa à son tour, il découvrit un sexe long, raide et volumineux, qui pointait tout droit vers moi.

J'étais hypnotisé par cet engin, et par l'homme qui le portait, debout devant moi. " Je t'avais promis d'être honnête " dis-je en m'agenouillant devant lui. " Je reconnais mon maître à son organe, et je me soumets totalement à lui et à ses volontés ". J'ouvris mes lèvres et pris son gland écarlate entre mes dents. Ses deux mains se refermèrent sur l'arrière de mon crâne et il enfonça sa verge au fond de mon palet.

C'est ainsi que cela a commencé.

Nous nous sommes revus, plusieurs fois, souvent. Presque chaque soir, au bout de quelques temps. J'avais continué à l'appeler mon maître, à commencer toujours par m'agenouiller devant lui au début de nos ébats, et à louer son sexe d'homme qui me fascinait. Et lui avait commencé symétriquement à se moquer de mon sexe, à mépriser mon petit organe, à malaxer mon paquet mou en doutant à haute voix qu'il s'agissait d'une sexe d'homme. C'était rapidement devenu quelque chose d'acquis, une convention tacite entre nous, une évidence. Et plus je louais son organe masculin, sa verge raide et puissante, ses testicules volumineuses, plus il dépréciait ma petite bite et mes couilles rabougries. Plus je le reconnaissais comme mon mâle dominant, plus il mettait en doute le fait que je sois un homme.

" Tu n'es pas vraiment un mec " m'avait-il dit un jour. " tes couilles et ta bite tu ne les as pas, tu les portes, et même : tu les transportes, seulement. Et encore, si on considère que le petit paquet qu'il y a là sont une bite et des couilles ", ajouta-t-il en pointant mon entrejambe. Et moi je le confirmai dans ce discours, le remerciant de me montrer ce qu'était un véritable sexe d'homme.

C'était un jeu charmant, qui me comblait parce qu'il m'excitait. C'était même plus qu'un jeu, déjà, et je commençais à me persuader de ce que nous nous répétions. En regardant mon organe, je le reconnaissais sincèrement petit et ridicule, et commençais vraiment à doute que je le méritais.

Au bout de quelques mois, Franck me demanda si je le reconnaissais sincèrement comme mon maître, et je lui répondis que oui. Il me demanda si je lui étais véritablement soumis, et lui appartenais, et je lui dis que oui. Il me demanda aussi si tout mon corps était sa possession, et que mon petit sexe en particulier était à lui seul, et j'approuvai encore une fois. Sans hésiter. Il continua en m'interrogeant sur ma virilité, si je pensais mériter d'être un mec, si la bite et les couilles entre mes cuisses faisait de moi un homme, et je répondis que non. Et enfin il me demanda si j'étais prêt à le reconnaître de manière formelle, si j'étais prêt à assumer ma soumission au mâle qu'il était, et à confirmer par un contrat signé la propriété qu'il avait sur mon corps en général et mon sexe en particulier. Et comme je lui répondis encore qui oui, il sortit trois exemplaires d'un document dans lequel je signifiais officiellement tout cela, et je les signai aussitôt.

Cette cérémonie un peu étrange m'avait enfoncé plus avant dans le désir fou et carnassier que j'avais pour cet homme. Franck, lui, avait été bizarre quelques jours, presque distant, presque évasif. Moi, j'étais fou et l'appelait sans fin mon maître et mon propriétaire.

Et puis, un après-midi, Franck me parla plus sérieusement que d'habitude. " Joel " me dit-il " je sais que tu as signé mon contrat, que tu reconnais m'appartenir entièrement, mais je voudrais que tu y réfléchisses vraiment sérieusement. Il faut que tu comprennes que ce n'est pas un fantasme vain, un amusement passager pour s'exciter et qu'on oublié en s'endormant après l'amour. Alors je sais que tu as déjà signé, et que normalement tu es à moi, mais je veux te donner l'occasion de confirmer ou bien d'abandonner tout cela. Je voudrais que tu prennes ta décision vraiment sincèrement et, encore une fois, en sachant que c'est une chose sérieuse. Il faut aussi que tu saches que j'ai déjà fait signer des contrats comme le tien, et que déjà des garçons avant toi mon cédé la propriété de leur sexe et … il faut que je te montre quelque chose. ". Alors il s'était levé, s'était dirigé vers la vieille armoire normande, et en avait ouvert les deux battants. Et sur la troisième étagère, pour la première fois, j'avais vu les bocaux.

En le racontant maintenant, cela me semble le moment très précis où tout a basculé. Sur l'instant, je reçus un tel choc que je ne pensais rien du tout. J'étais plongé dans l'instant, dans un néant de réflexion, et avec un sifflement fort et continu dans mes oreilles. Franck saisit les deux bocaux et vint les poser devant moi, sur le lit où j'étais assis.

C'était deux grosses verrines à confiture en verre, avec un couvercle de verre lui-aussi et un gros élastique pour assurer l'étanchéité. Ils étaient remplis d'un liquide jeune un peu sali., Franck m'informa qu'il s'agissait de formol. Et surtout, au fond de chacun d'eux gisait un sexe d'homme, tranché.

J'aurais pu penser qu'il s'agissait de faux. J'aurais même dû penser, me persuader, considérer instantanément et en refusant de réfléchir qu'il s'agissait de faux. Mais ils étaient si vrais, ils ressemblaient tant à des organes d'hommes, et ce que je vivais avec Franck depuis quelques mois m'avait à ce point préparé à trouver réaliste ce genre de chose, que je sus et reconnus immédiatement qu'il s'agissait bien de véritables organes.

C'était donc deux organes de mecs. Deux bites, avec chacune leurs deux couilles. Deux sexes qui avaient été portés par des garçons, qui avaient été prélevés entre leurs cuisses, tranchés en une fois, et qui gisaient maintenant inertes et inutiles, abandonnés, au fond de leur récipient. L'un était glabre et paraissait un peu plus petit. L'autre avait encore ses poils, et était recroquevillé.

Chacun des bocaux portait une étiquette. Sur le premier, je lus " Cédric, 14 octobre 1997 " et sur le second " Anthony, 17 mars 2001 ". Franck m'expliqua qu'il s'agissait de ceux qui les avaient portés, et de la date à laquelle ils avaient été coupés.

Donc il y avait ces deux garçons. Cédric et Anthony. Ces organes avaient été les leurs. Ils étaient nés avec, avaient grossi avec, et s'étaient couverts de poils, bien au chaud entre leurs cuisses. Et ces deux garçons les avaient portés, dans des slips, des caleçons, des boxers, des maillots de bains. Chaque matin ils les avaient saisis et posés dans le sous-vêtement. Ils avaient bandé avec, baisé avec, sans doute ils s'étaient tripotés. De l'eau avait coulé dessus sous la douche, des mains d'hommes ou de femmes les avaient caressés, fait gonfler, leur avaient fait produire leur semence.

Et puis un jour, ces deux garçons avaient rencontrés Franck. Cédric, en 1997, et Anthony, quatre ans plus tard, l'avaient reconnus comme maître, comme moi aujourd'hui. Ils avaient signé un contrat, ils l'avaient fait maître de leur sexe. Comme moi aujourd'hui. Et Franck leur avait tranché le sexe, pour les placer dans un bocal. Et ces garçons continuent à vivre, sans doute. Là, quelque part, dans cette ville, ils marchent dans les rues ou se reposent chez eux. Ils portent des slips, des caleçons, des boxers, des maillots de bain. De l'eau leur coule sur le corps lorsqu'ils prennent des douches. Peut-être des hommes ou des femmes caressent encore leur entrejambe. Mais ils n'y trouvent rien, rien qu'un espace creux et plat, et sans doute une cicatrice. Ils ne trouvent rien, car il n'y a plus rien, et qu'il n'y aura jamais rien. Les slips, les caleçons, les boxers, les maillots de bain sont maintenant bouffants sur un espace vide. Car leur sexe est ici maintenant, flottant mollement dans le formol d'un bocal. Et ces garçons vivent sans doute une vie normale, paraissent normaux aux yeux des autres. Mais ce ne sont plus des hommes. Ils n'ont plus de verge, ils n'ont pas de testicules. Ce qui fut leurs organes appartient maintenant à Franck, à mon maître Franck, et a été tranché, et gît maintenant au fond d'une verrine de verre.

J'étais fasciné, horrifié, hypnotisé, dégoûté. J'étais pris de nausée, et en même temps obnubilé par ce que j'avais devant moi. Et je bandais. Je regardais la bite de Cédric, petite et glabre, et le sexe plus gros d'Anthony. J'aurais dû être rempli d'horreur, crier, m'enfuir, mais je restais hypnotisé par ce que j'avais devant moi. Et mon esprit faisait des aller-retour incessants entre ces deux garçons, que j'imaginais, et ces deux paquets coupés devant mes yeux. Et je les voyais, l'un, l'autre, séparés, ensemble, j'imaginais ces organes vivant et bougeant sur Cédric et Anthony, puis inertes et morts dans leur bocal. Et je pensais sans cesse au passage de l'un à l'autre. Et cela m'excitait. Et plus je pensais au contraste, plus mon érection s'amplifiait.

Franck ne dit rien. Il me laissa devant les deux bocaux, et laissa aussi sur le lit le contrat que j'avais signé.

Je ne le déchirai point. Et le lendemain, en retournant chez Franck, je continuai à l'appeler mon maître.

A partir de ce jour-là, mon sort était scellé.

Pendant quelques temps, nous avons continué comme avant. J'appelais toujours Franck mon maître, et je m'agenouillais devant lui, et je me soumettais à son organe. Mais quand il me disait que je n'étais pas un mec, que je n'avais pas d'organe, les choses étaient différentes. Car je comprenais maintenant ce que cela signifiait. Et que je savais maintenant que c'était vrai.

Je m'étais souvent excité sur le terme " émasculation ", sur l'adjectif " émasculé ". Mais maintenant, c'était différent. Maintenant, cela correspondait à une image très précise. L'émasculation, c'était mon sexe dans un bocal, mes petits organes plongés dans du formol. Je m'étais déjà dit : je ne suis pas un mâle. Maintenant, c'était plus précis : un mâle, je ne serai plus. L'émasculation, ce serait une lame tranchante glissant entre mes cuisses, et emportant au loin ma petite verge et mes petites testicules.

Souvent, presque tous les soirs, je me tenais nu devant la glace. J'écartais les jambes et je laissais mon sexe prendre tristement. Déjà, il me paraissait inerte, déjà mort. J'en coinçais la base entre le pouce et l'index et, serrant fortement, je le tirais loin devant moi. Et déjà je le voyais partir. Déjà, il n'était plus à moi.

Je le voyais sans cesse flottant dans un bocal. Incessamment je le voyais passer de l'entrejambe au récipient. Cette image me hantait presque en tout temps. Je la voyais nettement, à chaque instant, depuis ce jour où elle m'avait frappé, en voyant les sexes tranchés de Cédric et Anthony. Seulement, ce n'était plus les organes de ces deux garçons que j'imaginais maintenant, passant sans cesse des cuisses au récipient. C'étaient les miens, c'était mon petit paquet que je voyais tranché, enlevé, enfermé.

Et puis un jour, en entrant chez Franck, je vis un nouveau bocal sur la table de sa cuisine. Il était tout à fait semblable à ceux que j'avais vu quelques semaines auparavant. Sauf que le liquide était encore clair, propre, et que le bocal était vide. Et surtout qu'il ne portait qu'une étiquette à moitié renseignée. Une étiquette sur laquelle je lis mon nom, en lettres rondes, à l'encre fraîche. Une étiquette écrite " Joël ", comme j'avais vu sur d'autres " Cédric " ou " Anthony ".

Je suis resté plus d'une heure autour de ce bocal. J'ai tourné autour. Petit à petit, il me semblait voir apparaître mon sexe au fond. Alors c'était là. Pendant trente ans, mes organes avaient pendouillé entre mes jambes, et bientôt ce serait là qu'ils allaient reposer. Et je me suis approché de Franck. Je me suis blotti contre lui. J'ai collé ma braguette contre sa braguette, mon sexe contre son sexe, ou plutôt : mon offrande contre son organe. Et je me suis penché dans le creux de son épaule. Et j'ai susurré dans son oreille, comme le premier jour, comme cette première fois quand je lui avais promis ma soumission totale et inconditionnelle : " Mon petit paquet est à toi. Prends-le. C'est ta propriété. C'est ta possession. "

J'avais donné ma dernière acceptation. Il n'y avait plus lieu d'attendre maintenant. Je ne sais plus trop ce que j'ai pensé ou ressenti pendant cette fin de semaine. Je ne sais vraiment plus. Le samedi, en début de soirée, je suis retourné chez Franck. Il faisait déjà nuit dehors. Il y avait là quelqu'un que je n'avais jamais vu. Quelqu'un que Franck semblait connaître. Il y avait aussi de nombreux outils de chirurgien. Je m'assis sur une sorte de lit, le torse renversé en arrière, les genoux écartés. L'homme m'attacha les bras, puis les mollets, afin de me maintenir les jambes ouvertes. Mes organes, mon petit paquet, ma bite, mes couilles étaient là, froides et fragiles, offertes à cet inconnu. Elles étaient là, vulnérables. Et moi, maintenu par mes liens, je ne pouvais rien faire, je pouvais juste les offrir et constater que n'importe qui pouvait, sans résistance de ma part, les saisir et les manipuler. Je me sentais comme une sorte de réceptacle, tout juste porteur de ce petit paquet d'organes masculin qui, pour quelques instants encore, étaient accrochés entre mes jambes et donnaient l'illusion de ma virilité.

J'étais donc là, genoux ouverts, brandissait devant moi, malgré moi, une verge et des testicules qui avaient été miennes, que j'avais offertes à Franck, et qu'il s'apprêtait à me prendre.

L'inconnu mit des gants de chirurgien en latex. Il les ajusta, puis saisi un bistouri, assez long. Puis il s'avança entre mes jambes. Rien ne l'en empêchait. Mes jambes étaient ouvertes.

J'avais pensé que j'aurais une érection énorme quand on m'émasculerait. Que l'idée qu'on me tranche les testicules et la verge me ferait bander. Mais ce n'était pas vrai. Mon sexe était tout petit, glacial, tremblant. Il frissonnait de terreur. La peur ratatinait mes organes, qui se retrouvaient plus petits encore que d'habitude, presque minuscules. Ma bite était recroquevillée, mes couilles rabougries, collées à l'entrejambe. Je pensais que l'approche de mon émasculation allait m'exciter, que j'allais bander à l'idée qu'un homme, devant moi, entre mes jambes, était sur le point de me castrer, de m'émasculer complètement, de m'ôter mes organes masculins. Mais non, je n'avais plus que ces petites choses froides et minuscules, frémissantes et rétrécies, lâches et misérables.

L'homme tenta de me saisir la base du sexe, mais il n'y parvint pas, tellement mon paquet s'était ratatiné entre mes cuisses. Il dû tirer la peau pour décoller les organes et découvrir l'endroit de la section. Quand ce fut fait, il me ligatura solidement la base du paquet avec un lacet de plastique. Je voyais donc ma bite et mes couilles pendre inertes de l'autre côté du lien. Déjà ce n'était plus moi, déjà ce n'était plus à moi.

Je ne sais plus trop combien de temps tout cela à duré. Je me souviens de voir l'inconnu lever le bistouri devant lui. La lame brilla devant ses yeux, un éclat parcourant son fil de tout le long. C'était prêt. L'homme abaissa rapidement le bistouri. Il glissa devant lui, le long de son torse, puis disparut entre mes jambes. C'était fait.

Ensuite, c'est un peu flou. Je le vis recueillir mon petit paquet sanglant dans la paume de sa main gauche. Je le vis le lever, puis l'éloigner rapidement de mon entrejambe. Mes organes s'en allaient. lls étaient à 20 centimètres de mes cuisses, à 50, à un mètre. Il les donna à Franck, qui les recueillit dans le creux de ses mains, et retourna s'affairer à ma plaie.

Franck fixa mon paquet quelques instants, avec un regard qui semblait d'extase. Mon sexe, ma paire de testicules, ma verge étaient donc dans la paume des mains de cet homme, à quelques mètres de moi. Franck agrafa le haut du paquet, afin de retenir le contenu. Il le passa ensuite sous l'eau, pour le nettoyer de son sang. Alors, il le tendit devant moi, mon paquet pendant sous son poignet, au bout de son bras, juste devant mes yeux. Il dit simplement " c'est à moi maintenant, ça appartient à ma collection ".

C'était la dernière fois que ce petit paquet pendait quelque part et ce n'était pas entre mes jambes. Il pendouillait sous son poignet.

Franck retourna vers sa table de cuisine et s'affaira quelques temps, sans que je voies ce qu'il faisait. Puis je le vis attraper le bocal, ce bocal vide qui m'attendait. Il l'ouvrit, le reposa, et saisit le paquet d'organe (je ne peux plus dire " mon sexe ") et le lâcha à la surface du liquide. Le petit paquet coula au fond, lentement, déjà inerte et mort. Je vis les deux couilles s'écraser d'abord sur la base du récipient, puis la bite tout de suite après, et se figer rapidement dans un sommeil immuable. Franck prit un stylo et, des mêmes lettres rondes qu'il avait écrit mon nom, de la même encre fraîche, il écrivit la date du jour. Et je pus lire, sur l'étiquette : " Joël, 4 avril 2003 ".

Voilà, j'étais émasculé, je suis émasculé. Maintenant, en tout cas, les choses sont claires : je ne suis pas un mec. Je n'ai pas de bite. Je n'ai pas couille. Point. La définition est explicite et peut se vérifier de manière physique.

Et depuis ce jour là, Franck possède trois organes masculins. Trois bites, avec leurs trois paires de couilles. Celles de Cédric, celles d'Anthony. Et celles de Joël. Celles qui étaient à moi. Celles que je lui ai offertes. Et il peut regarder sa collection. Il peut la montrer à ses amis. Et ces amis regardent le troisième pot. Ils y voient un sexe mort, une triste bite et de tristes couilles, végétatives. Un paquet d'homme en stockage. Ils se disent que c'est le plus petit. Et ils lisent sur l'étiquette le nom de celui qui l'a fournit : " Joël, 4 avril 2003 ".

J'ai du mal à dire cela maintenant : " celles qui étaient à moi ". Ai-je vraiment eu une bite et des couilles ? Les ai-je vraiment possédé ? Ou est-ce que je les portaient simplement ? En tout cas, la réponse est simple maintenant : je ne vois rien entre mes jambes, et rien dans ma glace.

Quelques jours après mon émasculation, Franck me fit signer un bon de cession. Il y avait là la description complète de ce que je lui avais cédé. Je compris ce qui l'avait occupé avant de mettre les organes dans leur récipient. Ils les avaient mesurés, pesés, inspectés. Je signai donc " Cession, à titre gracieux et pour pleine possession, de Joël P. à Franck N., d'un sexe masculin, glabre, composé d'une verge, longueur 8,5 centimètres, et de deux testicules, diamètre moyen 2,5 centimètres. Couleur : claire. Poids total : 270 grammes. Volume : 23 centilitres. La cession est irrévocable. Elle n'ouvre pas droit à réclamation ultérieure de la part du nouveau propriétaire ".

Voilà, c'était il y a un an. Depuis, j'ai rencontré Cédric et Anthony. Parfois, nous allons ensemble chez Franck. Il nous laisse voir sa collection. Nous regardons béat les trois paquets dans leurs bocaux respectifs. Nous les regardons, mous, inutiles, statiques. Nous fixons ces bites dormantes, ces paires de couilles végétatives.

Trois tristes sexes d'homme, tranchés, stockés dans des récipients en verres.

* * *

Ce soir, je suis désœuvré. Affalé dans mon canapé. Il y a un an qu'on m'a émasculé. E-masculé. Oté le mâle, d'un simple et rapide coup de bistouri. Il fut un temps, j'ai l'impression, où je m'imaginais que j'avais un sexe de mec. C'est absurde, invraisemblable. Mon seul rapport avec une verge et avec des testicules, c'est lorsque Franck offre à mes lèvres son organe puissant. Et puis peut-être aussi un petit paquet mort qui gît sous mon nom, décoratif. Dans un bocal de formol. Sur une troisième étagère. Dans un placard.



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